POINGS

de Pauline Peyrade

création saison 2020 - 2021, tournée saisons 21-22 et 22-23

Le 10 mars 2021 au Théâtre National de Bretagne, Rennes

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SYNOPSIS

« Je suis partie de très loin
Pour arriver jusqu’à moi [...]
J’entends encore mon souffle court
Qui courait dans tous les sens de la vie. » Rita Mestokosho, L’insurrection poétique, manifeste pour vivre ici.

Une rave party, un homme et une femme se rencontrent, se lient. Quelques années après, la femme fuit. Poings raconte une histoire d’amour toxique. C’est une histoire d’emprise et de domination qui se joue à l’abri des regards, dans le huis-clos d’une relation, au cœur de soi. Quelle dissociation profonde l’imprégnation quotidienne de la violence produit-elle, quel déchirement, quel dédoublement ?
En cinq parties magistrales, Pauline Peyrade pose frontalement la question du viol conjugal et interroge avec une puissance poétique rare, sans surplomb aucun, la complexité et l’ambivalence de cet acte terrible, le trauma et la capacité de résilience.
Après Bois Impériaux créé en 2018, Das Plateau poursuit son chemin auprès de Pauline Peyrade et s’empare de ce polyptyque brillant pour créer un spectacle mystérieux et magnétique, dont l’intensité visuelle, scénographique et sonore dialogue avec cette écriture captivante et nécessaire, d’une immense actualité.

ÉQUIPE ET PRODUCTION

Poings de Pauline Peyrade - texte édité aux Solitaires Intempestifs (2016)

Conception et écriture du projet Das Plateau

Mise en scène Céleste Germe
Avec Maëlys Ricordeau et Antoine Oppenheim

Composition musicale et direction du travail sonore Jacob Stambach
Scénographie James Brandily

Création lumière Sébastien Lefèvre

Dispositif son et vidéo Jérôme Tuncer
Création vidéo Flavie Trichet-Lespagnol

Collaboration artistique Jacques Albert

Régie générale et plateau Benjamin Bertrand
Régie plateau Mathieu Gervaise
Régie lumières Pierre-Emmanuel Faure

Assistanat à la mise en scène Léa Tuil

Assistanat à la scénographie Laure Catalan
Administration, production, diffusion Emilie Henin et Léa Coutel (Bureau Formart)

Production Das Plateau
Coproduction et résidence Espace Culturel Boris Vian avec le soutien la Ville des Ulis, le département de L’Essonne, la Région Île-de-France et la DRAC Ile-de-France / Le Théâtre National de Bretagne (Rennes) / Le Théâtre du Nord - CDN / Le CDN d'Orléans-Loiret-Centre
Coproduction Le Parvis - Scène Nationale de Tarbes, le Théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine
Workshop d'expérimentation scénographique Les SUBS et l'ENSATT avec le soutien à la recherche en théâtre de la DGCA

Avec l'aide à la production de la DRAC Île-de-France et la participation du DICRéAM
Action financée par la Région Ile-de-France

Das Plateau remercie Clémence Boudot, Camille Baraud et Eric Schecter ainsi que la section scénographie de l'ENSATT et particulièrement Alexandre de Dardel, Mathis Brunetbahut, Adèle Colle, Coline Gaufillet, Ariane Germain, Manon Terranova, Ariane Testar

Crédits Photos Simon Gosselin

 

CALENDRIER

Saison 2021-2022

Du 13 au 16 octobre 2021 › Théâtre du Nord, CDN de Lille, Tourcoing

Le 27 ou le 28 janvier 2022 Les Ulis, Espace culturel Boris Vian

Du 1er au 12 février 2022 Nanterre-Amandiers hors les murs au T2G - Théâtre de Gennevilliers - CDN

Du 8 au 9 mars 2022 Le Lieu Unique, Nantes

Saison 2022-2023

le 10 novembre 2022 › Le Parvis – Scène nationale Tarbes-Pyrénées (Tarbes)

9 et 10 décembre › Théâtre de Châtillon (92)

le 26 janvier 2023 › Théâtre Jean Vilar (Vitry-sur-Seine)

PRESSE
 

Marie Richeux pour France Culture

"Par les Temps qui courent",
Céleste Germe et Maëlys Ricordeau : "Sur un plateau, la meilleure arme est la circulation de la parole"
France Culture, le 04 février  • écouter le podcast

 

Emmanuelle Bouchez pour Télérama

TT Télérama

« Les images se démultiplient, déréalisant les contours des deux acteurs au point que l’on croit voir plusieurs femmes sur la scène - la cohorte des victimes de violence conjugale. Rien ne se voit mais tout se dit dans ce spectacle frappant, porté par les deux comédiens et mis en scène avec autorité par Céleste Germe, qui sait plier le théâtre à sa loi.»

Patrick Sourd pour Les Inrockuptibles

Avec “Poings”, Das Plateau étrille les violences faites aux femmes.
« La représentation s’inscrit dans l’espace mental de la sidération. Le temps arrêté d’une dévoration où la femme hésite entre laisser faire et réagir, une croisée des chemins où elle doit puiser au plus profond d’elle-même pour oser s’exfiltrer dans un ultime sursaut de conscience d’une existence devenue tunnel d’humiliations (...) Aussi politique que salutaire, Poings documente l’urgence vitale d’éclater la bulle des intimités toxiques en accompagnant l’évasion de son héroïne jusqu’au seuil de sa reconstruction. . »


Marie-Valentine Chaudon pour La Croix

Poings plonge dans l'engrenage d'une relation de couple toxique. Un spectacle saisissant servi par la puissance mêlée des mots, du jeu et de la scénographie
La plume de Pauline Peyrade, d'une précision acérée et hypnotique, rencontre dans cette nouvelle mise en scène la créativité du collectif Das Plateau et de Céleste Germe, entre musique et art plastique. L'installation en miroirs mouvants démultiplie l'image de l'héroïne, à la fois narratrice et observatrice de son propre être fragmenté. Presque seule sur le plateau, l'homme est là aussi, fantomatique, en la présence d'Antoine Oppenheim, la magnifique Maëlys Ricordeau emporte le public dans un vertige de mots et d'images. Le regard fixe vers l'assistance, ses phrases mettant à nu ce personnage qui fera de sa vulnérabilité le terreau d'une révolte salutaire. [...] Sur un rythme implacable, Maëlys Ricordeau suspend soudain la salle immobile sur le fil d'un émotion unique, l'un de ces instants magiques dont seul le théâtre, écrin d'une humanité face à elle-même, détient le secret.

 

Géraldine Mercier pour La Revue AS

Das Plateau, fantômes aux Poings

L’usage des artifices nous permet d’errer parmi les fantômes. Mais nous restons surtout hantés par le souvenir de cet être qui, avec une infinie pudeur, fait résonner nos intimités. Cet être associé, dissocié qui en appelle à nos profondeurs, à nos limites, à nos consentements, à nos espérances, à nos actes manqués. Nous restons hantés par les métamorphoses de cette femme et éblouis par le traitement de l’espace. Nous sortons ravagés et libres, et les images nous accompagnent, les souvenirs nous traversent. Il faut peu et beaucoup pour dire les êtres, leurs blessures, leurs résignations, leurs forces. Il faut des mots simples qui vont loin, du cœur et de la distance, de la profondeur et du style. Tout est dit ici et nous ne sommes jamais prisonniers, ni trop loin, ni trop près. Nous sommes juste où il faut pour embrasser les évidences et ne pas lâcher la tendresse. Cela peut paraître peu. C’est beaucoup.

Jean-Pierre Thibaudat pour son Blog Médiapart

Ah, je brûle pour "Poings" !
"Poings est un espace mental, on est totalement dans la tête de la femme. Les personnages sont Toi, Moi et Lui. Il s'agit d'elle, telle qu'elle se voit et telle qu'elle se ressent double, car elle est dissociée. Nous sommes dans sa sensibilité à elle" explique Pauline Peyrade. Et c'est exactement ce qui se traduit sur le plateau avec une sorte de dédoublement permanent de l'actrice entre Moi et Toi. Une façon subtile de creuser, décortiquer et entrer dans les méandres d'une mémoire traumatique. [...] Dans cet espace qui filtre avec l'onirisme, le regard du spectateur se perd, la réalité n'en est que plus dérobée, multiple, insaisissable. Tu te surprends, toi spectateur, à respirer, à haleter avec l'écriture.

Christian Vincent pour La Voix du Nord

Il est des pièces plus indispensables que d’autres. La pièce Poings nous laisse KO debout, sonnés par la cruelle réalité vécue par une femme violée.
Ici, rien n'est montré, tout est dit. La scène du viol a une force dévastatrice porté par un monologue volontairement dénué d'émotion et magistralement interprété par Maëlys Ricordeau. La scène tire les larmes et le public, masculin ou féminin, se crispe. On est touché par le dégoût, on se fige en apnée, un vent glacial envahit les gradins. (...) C'est bluffant. (...) Poings de Pauline Peyrade, mise en scène par Céleste Germe, ne se résume pas à une pièce féministe, c'est juste une pièce universelle et indispensable sur ce que n'est pas l'amour.

Agnès Santi pour La TerrasseTraversée d'une relation de couple toxique et avilissante, Poings de Pauline Peyrade parvient à exprimer ce qui la sous-tend de manière juste, aiguë, profondément intime.
La metteuse en scène Céleste Germe et le collectif Das Plateau laissent voir l'au-delà de la surface des choses, jusqu'à l'échappée finale d'une femme qui se libère.

Samuel Gleyze-Esteban pour L’oeil d’Olivier

Le talent architectural et expressif du collectif se met au service de ce texte structural, qui ausculte avec force les douleurs d’une femme soumise aux violences d’un homme.
Maëlys Ricordeau campe avec justesse, sensibilité et habileté cette fille coupée en deux. Incarnant dans sa sim- plicité cette femme du commun, sujet lambda des violences sexistes, elle se fait aussi le témoin qui sort de sa condition pour pouvoir la dire, avec une diction tout juste distanciée et néanmoins déchirante. [...] Réussite formelle, ce dédale rappelle non seulement à l’urgence de se prémunir des mécanismes insidieux des violences sexistes et conjugales, mais érige un édifice sombre et beau, qui, par lui-même, saisit et émeut.

Vincent Bouquet pour Sceneweb

Avec Poings, l’autrice aborde frontalement la relation toxique, le viol conjugal et l’emprise psychologique au travers d’un polyptyque en cinq panneaux. Une audace formelle dont Das Plateau s’empare avec gourmandise et délicatesse.
Sous la houlette de Céleste Germe, le plateau devient le lieu de toutes les illusions. Maëlys Ricordeau incarne à la fois, Toi et Moi. Par un jeu de miroir et de reflet, le personnage féminin devient de plus en plus insaisissable. (...) Un travail de dentellière que Das Plateau magnifie, sans ne jamais rien céder sur le côté le plus cru de cet espace mental tourmenté.

 

Léa Simonnet pour Manifesto XXI

Une mise en scène poignante qui sert le texte avec brio.

« L’écriture puissante et poétique de l’autrice est servie par une interprétation sans reproches et une scénogra- phie épatante. (...) A travers ce décor multimédia et amovible, Céleste Germe fait exister, côte à côte, différentes temporalités et différentes voix d’un même personnage. (...) Maëlys Ricordeau interprète alors ces deux faces d’une même femme et propose, parallèlement à cette mise en scène riche et multiple, un jeu de simplicité et de finesse. Les mots se suffisent et, portée par ce texte d’une rare puissance, elle délivre une interprétation d’une ex- trême justesse, toujours sur le fil, au bord du gouffre, débarrassée de tout artifice d’acteur·ice pour faire grandir le sentiment nu, pur. Laissant à la fin un public tremblant, ému»


Véronique Hotte pour Hottelo Théâtre
« L’écriture de Poings se révèle percutante, évocatrice d’une sensibilité politique et poétique ultra-contemporaine, ne serait-ce que dans la coordination, la syncope, la simultanéité et l’arythmie des phrases organisées en tableau sur la page du texte de la pièce, et qui sont diffractées librement à leur tour dans l’espace visuel et le volume sonore de la scène. Un écho lointain à la voix de Sarah Kane – recherche introspective, appels engagés contre les conflits de ce monde, choc visuel, univers sonore étrange, jeu solitaire des voix. Or, si la dramaturgie de Poings dans laquelle le corps sacrifié de la femme est lieu de la douleur d’être au monde, la résilience et la capacité à surmonter les chocs traumatiques celés en l’intimité de la protagoniste sont un témoignage de vif espoir, d’endurance et de résistance »


Entretien de Pauline Peyrade pour Le magazine du TNB
« J’ai dit à Céleste Germe qu'elle prenait l'inconscient du texte. C'est le petit détail qui vient résonner dans l'ensemble et saisir l'essence du récit à un endroit très concret. C’est très puissant symboliquement. Je me rends compte que la question de la dissociation post-traumatique revient sans arrêt dans le texte et Céleste le met en images. Elle me le révèle. (…) En tant que spectateur et spectatrice, leur mise en scène permet de s’approprier le texte et non pas seulement de le recevoir. C’est un mouvement que je recherche en écrivant aussi. Il faut une appropriation par la lecture, si on attend juste à recevoir, on passe à côté. Cela demande aussi un engagement émotionnel. Je trouve que le rapport de Das Plateau à l’émotion est très juste pour ça, et sans être sentimental. Il y a beaucoup de pudeur et de courage dans leur travail »

 

EXTRAITS DE PRESSE SUR LE TEXTE

Elle sculpte les textes avec ce qui est là, mais nous a été rendu invisible. La trentaine à peine passée, elle s’impose comme l’une des plumes les plus radicales du théâtre contemporain. (...) Pauline Peyrade ressemble à son écriture : intense, structurée, mystérieuse. L’intelligence prudente. A né sur les bancs des meilleures écoles européennes, son travail commence à s’imposer dans le paysage théâtral. Comme Poings, sa dernière pièce, sélectionnée au Grand Prix d’écriture dramatique d’Artcena. On plonge dans ses texte comme dans une nuit sans sommeil, sans trop savoir ce que l’on trouvera ni ce que l’on apprendra de soi-même.”
Alice Ramond - Mouvement

“Sur un dance floor, Toi et Moi rencontrent l’homme aux mains immenses, Lui. Au milieu de la piste, Lui danse avec Toi sous l’œil de Moi qui est comme le regard intérieur de Toi, son garde-fou, sa face cachée, son conseil, celle qui observe au dedans ce que l’autre vit, son double, sa meilleure amie ou encore sa mauvaise conscience. Il y a quelque chose d’irrésistible dans cette rencontre. Oui mais quelle rencontre ? Celle qui relie Toi à Moi et inversement, ou celle qui relie Toi à Lui ou Lui à Moi ? La pièce multiplie les courts-circuits, les chevauchements. L’attirance réciproque qui ne va pas sans une mâle violence grandissante. (...) En écrivant Poings, Pauline Peyrade fait une fois de plus preuve d’une écriture des plus singulières qui met en scène et explore ici les arcanes du vertige intérieur qui peut aller de la pétri cation à la fuite en passant par la tétanisation de l’instant.”
Jean-Pierre Thibaudat - Médiapart

PRIX ET DISTINCTIONS DU TEXTE


2019 - Prix Koltès des lycéens du Théâtre National de Strasbourg
2019 - Sélections au Comité de lecture et au Comité des Etudiants Auteurs du Théâtre du Nord à Lille (CDN)
2018 - Nomination au Grand Prix de Littérature Dramatique ARTCENA
2017 - Sélection au Comité de lecture de la Comédie-Française
2017 - Sélection au Comité de lecture du Théâtre National de Strasbourg
2017 - Sélection au Comité de lecture de la Mousson d’Eté (la meéc)
2016 - Sélection au Comité de lecture “À Mots Découverts”